5e congrès de l’AFS - Intervention d’Anne Petiau

Les dominations 2013Le 5e congrès de l’Association française de sociologie aura lieu du 2 au 5 septembre 2013 à l’Université de Nantes.

En se donnant pour titre Les dominations l’AFS vise à susciter une réflexion collective sur les recompositions des différenciations et des frontières sociales qui mutualise non seulement les connaissances déjà produites sur ces processus, mais également les renouvellements épistémologiques en cours pour les saisir.

L’enjeu d’autonomie : rapports de pouvoir et de domination entre des travailleurs sociaux et des usagers disqualifiés

Mardi 3 septembre - Session des réseaux thématiques 2a- 8h30-10h
Anne Petiau, chargée de recherche à l’IRTS & Lionel Pourtau

Les squatters peuvent entretenir des relations problématiques aux institutions sociales et médico-sociales, au nom d’un idéal d’autonomie. Pourtant, l’autonomie constitue une notion valorisée dans la société moderne, et largement utilisée par les travailleurs sociaux.

La polysémie de la notion d’autonomie doit se replacer dans le cadre du jeu de négociation des normes qui se joue dans toute société, ainsi que nous l’enseigne la sociologie de la déviance. Les significations données à l’autonomie par les politiques sociales et les travailleurs sociaux d’une part, et les squatteurs d’autre part, sont normatives l’une comme l’autre. Mais tandis que les premières relèvent des normes majoritaires, les secondes sont minoritaires, portées par un groupe déviant. D’un coté, les politiques sociales réclament de plus en plus une attitude méritante, un comportement actif, une reconnaissance de la responsabilité de sa situation personnelle. De l’autre côté, les squatteurs, eux, n’adhèrent pas au modèle dominant d’intégration. Ils ne formulent pas de projet au sens où les politiques sociales le définissent. Cette non-adhésion peut relever d’un choix positif ou d’une rationalisation a posteriori.

Dans ces négociations comme dans les interactions concrètes entre squatteurs et travailleurs sociaux se jouent des rapports de pouvoir, de domination, mais aussi de résistance et de contournement.

Présentation du 5e congrès de l’AFS

L’analyse des formes de domination est centrale en sociologie pour comprendre ce qui fait tenir l’ordre social. De Marx, Durkheim, Weber en passant par Foucault et Bourdieu, la domination constitue cette relation sociale qui répartit et hiérarchise les groupes sociaux, discrimine les forces sociales en structurant leur dissymétrie tout en contribuant à l’acceptation de l’ordre existant. Des études récentes en ont cependant renouvelé la compréhension sous plusieurs dimensions : en insistant sur la diversité des modes de domination et leur variation historique et spatiale, en révélant les “ratés” du consentement ou son caractère de façade chez les groupes subalternes, en mettant en évidence le travail nécessaire aux dominants pour imposer et exercer leur domination…

L’actualité n’a sans doute pas été étrangère à cette inquiétude scientifique devant ce qui semble aller de soi : déstabilisation des politiques sociales s’accompagnant d’une montée des inégalités, de la précarisation et du chômage (plans sociaux à répétition, restrictions budgétaires), effondrement de régimes admis comme fondés dans la durée et sur l’assentiment ou l’apathie de leurs citoyens (écroulement de l’empire soviétique, “Printemps Arabes”, ébranlement des institutions européennes), surgissement de mobilisations perçues comme improbables voire impossibles (mouvements des “Indignés”, Occupy Wall Street, grèves longues et dures dans des secteurs d’emploi peu syndiqués, luttes des “sans papiers”, révolte de peuples insoumis aux décisions de leurs dirigeants politiques), multiplication de catastrophes révélant les incertitudes des savoirs et des expertises (Fukushima après Tchernobyl, épidémies et accidents sanitaires, crise financière).

Des pistes d’interrogation et d’investigation ont été ainsi rouvertes sur les relations entre les diverses figures de l’autorité – le pouvoir social, le pouvoir économique et le pouvoir politique – et leurs conditions de félicité ou de discordance. Subaltern studies, analyse du genre, étude sur le racisme et le post-colonialisme, retour “des classes sociales”, par exemple, sont venus irriguer les questionnements et les enquêtes dans la plupart des sous-disciplines sociologiques. Si ces approches ont permis de remettre sur le métier sociologique bien des idées que l’on croyait acquises, elles ont également relancé l’effort de réflexivité sur “l’opération” sociologique que ce soit sous l’angle de la posture analytique à adopter, des méthodes à employer ou de l’écriture et du raisonnement à déployer. Ce faisant, elles ont aussi renforcé les échanges croisés avec les autres sciences sociales - histoire, science politique, géographie, ethnologie, économie.

En savoir plus sur le site Internet afs-socio.fr

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