Biennale du film d’action sociale / Rapport pédagogique IRTS 2012-2013


Le public

Sur trois jours, le festival a accueilli en moyenne moins de 315 spectateurs le 1er jour, 228 le 2e jour et 248 le 3e jour - l’inscription se fait par journée complète. Les salles étaient très bien remplies.
Un public est essentiellement composé d’étudiants, quelques groupes étaient accompagnés de formateur. Une présence forte d’étudiants éducateurs spécialisés de Montrouge inscrits en individuel est à noter. C’est la première année où les étudiants sont aussi motivés, sérieux, enthousiastes… ils participent aux débats, aux échanges avec les réalisateurs, prennent des photos, des notes…
Les usagers ne sont pas venus, on peut le regretter. Un groupe 30 étudiants du BTSCESF est venu d’Ardèche. Des étudiants de l’ENS et de l’EFPP se sont aussi inscrits. Par contre les professionnels restent peu nombreux, en dehors des invités, en moyenne 6 entrées par jour. _ L’accueil gratuit des professionnels du centre hospitalier Sainte-Anne a bien fonctionné même si ils n’étaient présents que pour 1 ou 2 films.

Un programme de qualité

La sélection constitue la 1re phase. Le comité de sélection ayant vu disparaitre ses membres au fil du temps – charge de travail trop importante – c’est avec l’engagement fort d’Anne Bernard de l’IRTS et Véronique Valbin de l’ETSUP, que nous avons pu ensemble élaborer le programme.
Le nombre de films est en augmentation, cette année 32 films, principalement des documentaires ont été projetés. Deux programmes ont fonctionné en parallèle. Les films en compétition ou hors compétition ont été de très bonne qualité. La programmation est au niveau d’un festival d’envergure nationale. Certains films ont été diffusés en salle après la Biennale.
A noter une forte présence des réalisateurs, malgré l’absence de défraiements. L’accueil et les échanges avec la salle ont été appréciés.

Un moment particulièrement ancré dans notre spécificité en tant qu’établissement de formation, celui de la projection du film L’ENS, Laboratoire du travail social de Ludovic Tac.

L’ENS, Ecole normale sociale à Paris a eu 100 ans en 2011. Le film aborde l’histoire du travail social en France, ses origines et ses enjeux. La particularité de l’ENS est d’être aussi un centre social, un lien qui croise ainsi la théorie et la pratique du travail social. Former des travailleurs sociaux et s’impliquer au quotidien pour permettre aux autres de mieux vivre est-il possible ?

Les films primés

Prix Biennale du film d’action sociale - Unaforis

- 1er prix : Un père américain - Jean-Baptiste Mathieu

Un père americainA travers l’histoire de sa propre famille où l’absence de père se transmet d’une génération à l’autre, le réalisateur cherche des réponses à la question qui le hante : qu’est-ce que c’est pour une fille que de grandir sans son père ? Un film à l’écriture très singulière, parfois déroutante, à la frontière entre le documentaire et l’autofiction. Une sorte de jeu s’installe... néanmoins, la paternité y est abordée dans toute sa complexité.

- 2e prix : Les fins de droits - Philippe Pichon

La fin des droitsA Toulouse, en allant à la rencontre d’Isabelle, Christian et Miloud, en situation de fin de droits, le réalisateur montre comment une partie importante de la classe moyenne se paupérise insidieusement, à l’ombre des discours politiques et autres analyses économiques. C’est à la fois trois belles rencontres, avec notamment Miloud, poète jardinier rayonnant mais aussi un voyage avec Christian, au pays de l’absurdité administrative, avec retour à la Villa chagrin - Villa pôle emploi possible à tout moment.

- Mention spéciale : L’Utopie de Pessac - Jean-Marie Bertineau

L'Utopie de PessacAu lendemain de la deuxième guerre mondiale, 150 jeunes ouvriers décident pour lutter contre la terrible crise du logement, de créer le Comité Ouvrier du Logement et de construire eux-mêmes leurs maisons. Des auto-constructeurs, autogérés et autofinancés ayant inventé un concept novateur, celui de l’apport Travail. L’Utopie de Pessac raconte l’histoire exceptionnelle d’une utopie, au croisement de l’urbanisme, de l’économie, du politique et du social.

Prix Encouragement Maif - 1er film & film d’atelier

_ - 1er prix : Les enfants de Sisyphe - Didier Minne

Les enfants de SisypheUn film qui part à la rencontre du quotidien des enfants souffrant d’autisme ou de psychose. On voit, de l’intérieur, un monde difficile d’accès, qui rarement se laisse observer et filmer avec autant de liberté. Dans un centre de jour, au sud de la Belgique, nous vivons, durant une année entière, les joies et les angoisses des enfants, leurs évolutions et leurs régressions. Jusqu’à ce qu’ils quittent le centre vers une école spécialisée... Une belle leçon d’humanité dans les rapports entre les enfants et les adultes.
- 2e prix : Paroles de pères - Dominique Deparis & 7 jeunes de LA CLE (Lille)

Paroles de pèresQuelles étaient vos relations avec vos parents ? Quel modèle paternel avez-vous eu ? Que souhaitez-vous transmettre à vos enfants ? Ces questions ont été la base du travail réalisé par sept jeunes à l’origine de la réalisation de ce film. Cinq pères d’âges, d’origine et de parcours différents témoignent. Ils nous parlent de leur enfance, de leur parcours vers l’âge adulte et surtout de leur vie de père. Ce film émouvant met en relief l’importance de la transmission et du dialogue entre les générations.

_ - Mention spéciale : Parures pour dames - Nathalie Joyeux

Parures pour dames}Dans les sous-sols du Petit Palais, en saris ou en jeans, décolletées ou voilées, douze femmes participent à l’atelier de la désobéissance proposé par la créatrice de mode Sakina M’sa. Inspirées par les peintures du musée et incitées par la styliste à se rebeller contre le convenu, ces femmes, sans emploi, transforment de vieux habits donnés par Emmaüs. Au fur et à mesure, que leurs robes prennent forme pour l’exposition, Malika, Sara, Adriana, et leurs camarades se dévoilent.

Une mise en place très compliquée

Dans sa phase préparatoire, cette édition du 19 au 21 février 2013, a rencontré plusieurs difficultés sur lesquelles il me semble nécessaire de revenir pour préparer cet événement de 2015.

- la 1re difficulté est que bien que nous ayons déposé plusieurs demandes de subvention – Ville de Montrouge, Conseil général des Hauts-de-Seine – ou demande de soutien – Conseil régional d’Ile-de-France - Service cinéma, Ministère de la culture – cohésion sociale… Nous n’avons obtenu aucune subvention. De plus, nos partenaires privés se sont désengagés en novembre, à l’exception de la MAIF qui nous soutient depuis le début ;

- la 2e difficulté, conséquence de la précédente, est que nous ne pouvions plus louer les salles de la Ville de Montrouge, et ce à 2 mois de l’événement. C’est par le contact que Brigitte Cheval a eu avec le Centre hospitalier Sainte-Anne que nous avons pu bénéficier du prêt de deux amphithéâtres, mais pas tous les jours. C’est un montage, très chronophage qui s’est alors mis en place, avec une salle de l’ETSUP, une salle à l’Institut Mutualiste Montsouris et deux salles du Centre hospitalier Sainte-Anne. On peut regretter que l’IRTS n’ait pas de salle équipée pour accueillir l’événement.

- la 3e difficulté est arrivée au même moment, c’est l’absence des étudiants de l’IRTS inscrits à la Biennale. Bien que le Biennale ait été programmée depuis la rentrée dans les plannings, la participation des étudiants avait été modifiée, avec des versions ingérables : 1 seul film à voir dans 1 demi-journée, inscription individuelle volontaire au secrétariat de la Biennale… Après négociation c’est avec les responsables de filière conscients et attentifs à la situation, que nous avons pu ensemble harmoniser la participation des étudiants. Une gestion des groupes de l’ETSUP s’est faite en concertation régulière avec Brigitte Cheval et avec souplesse pour équilibrer les effectifs par salle ;

- enfin, le départ fin novembre d’Ali Larbi, chargé des aspects techniques - duplication de films pour le comité de sélection, soutien aux projections et organisation matérielle… - a généré un surcroit de travail important pour le secrétariat du service communication. Je ne m’étendrai pas sur les autres difficultés logistiques rencontrées.

Les partenariats – pertes et consolidations

Sur les partenaires s’étant désengagés ou pas engagés du tout, une analyse est à faire.
Plus intéressant, les partenariats qui se sont consolidés ou construits :
- avec l’ETSUP - Ecole Supérieure de Travail Social - pour la co-organisation. C’est une collaboration agréable et constructive qui a aussi permis de réfléchir ensemble à la pédagogie, à la pertinence des décisions à prendre et d’enrichir les partenariats. Les séances-débats ont été animées principalement par l’équipe pédagogique de l’ETSUP ;
- le centre hospitalier Sainte-Anne sans lequel la Biennale n’aurait pu avoir lieu et particulièrement avec Françoise Toux, Directrice adjointe, responsable du Pôle médico-social ;
- avec l’IRTS de Lorraine et l’ITSRA de Clermont-Ferrand-Traces de vies, pour la mise à disposition de Daniel Frisoni et Isabelle Dubois membres des différents jurys ;
- cette année l’UNAFORIS a soutenu la Biennale avec le Prix Biennale du film d’action sociale / Unaforis. Une commission nationale a vu le jour, avec la création d’un catalogue Films pour tous les établissements de formation du social et d’autres actions sont en perspective ;
- pour soutenir les premiers films & les films d’atelier le Prix Encouragement MAIF a été créé. La MAIF est un partenaire qui a été très présent, prix de l’affiche, présence aux projections…
- Dominique Galatola, inspecteur Jeunesse et Sports - DRJSCS Ile-de-France a accepté d’être membre du jury.

Les étudiants partenaires

- Thierry Delorme, Mathilde Fanet, Pierre-Antoine Glandais, Noémie l’Homme, Alexandra Méric et, étudiants à l’IRTS, ont constitué un groupe de volontaires associé à l’organisation matérielle et à l’accueil du public. Ce fut enrichissant de travailler avec eux, leurs compétences et collaboration sont précieuses lors de manifestations de ce type ;
- Eugénie Osty, étudiante à l’IRTS et Anne Vaillant, étudiante à l’ETSUP ont été juré dans chaque jury. Un point de vue indispensable à préserver pour l’attribution des prix ;
- trois points forts cette année, une promotion d’étudiants de Montrouge a pu bénéficier d’une journée de formation à l’image, encadrée par des professionnels de l’image en amont du festival. Un groupe d’étudiants de Neuilly-sur-Marne encadrés par des formateurs est venu pour une journée. Enfin, un groupe d’étudiants de l’IRTS a réalisé un quotidien – AKSO : prise de photos, rédaction des interviews, mise en page, impression & distribution au public. Des moments forts et complémentaires programmés dans le cadre des médiations créatives ;
- les étudiants de l’ETSUP ont bénéficié d’une préparation à la Biennale et d’une reprise après l’événement. Enfin, la radio web le trottoir d’à côté a réalisé plusieurs émissions avec les étudiants en amont et pendant la Biennale. Un travail sur l’image se poursuivra tout au long de l’année.

En conclusion

L’édition 2013 a été une réussite. Néanmoins, après 10 ans d’existence, il serait nécessaire de redéfinir le sens, les objectifs et les moyens de la Biennale du film d’action sociale.
Il apparaît que cet événement n’a de sens que s’il s’inscrit dans une volonté pédagogique forte avec une véritable collaboration entre les différents acteurs.
D’autre part, c’est un événement trop lourd à organiser à deux écoles, il serait souhaitable d’associer d’autres écoles, déjà actrices et impliquées dans une dynamique pédagogique du film.

Marie Christine Girod
Communication & Biennale du film d’action sociale

** Ensemble du rapport pédagogique IRTS 2012-2013

Voir la partie Introduction d’Hervé Létang, directeur général
Voir la partie Réforme des études de niveau III et le partenariat avec l’Université Paris 13
Voir la partie Études et recherche
Voir la partie Les formations supérieures
Voir la partie Rapport pédagogique Montrouge
Voir la partie Rapport pédagogique Neuilly-sur-Marne

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Association fondée en 1900 et déclarée le 26 juillet 1901, elle devient une Fondation reconnue d’utilité publique en 1978. En 1987, la Fondation ITSRS (Institut de travail social et de recherches sociales) est agréée en tant qu’Institut Régional du Travail Soial (IRTS). À partir de novembre 2001, l’ITSRS à Montrouge et l’ISIS à Neuilly-sur-Marne ont été réunis afin de former un seul IRTS sur deux sites regroupant au total près de 1700 étudiants.

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