Perspectives pour la rentrée septembre 2011 / Rapport d’activité IRTS 2010 - 2011

Président de la Fondation : Hugues DUBLINEAU
Directeur général : Jean Christophe PANAS

FONDATION ITSRS
Institut de Travail Social et de Recherches Sociales

IRTS Ile-de-France Montrouge Neuilly-sur-Marne
Institut Régional du Travail Social

1 rue du 11 novembre
92120 Montrouge

3ème partie - Contributions à une pédagogie active

Perspectives pour la rentrée septembre 2011

par Catherine Boulenger

** Construire un nouveau projet pédagogique

Dans le nouveau projet pédagogique qui implique une plus grande transversalité entre les formations de niveaux III et offre un choix entre plusieurs mentions universitaires, j’ai été sollicitée pour coordonner la réflexion pédagogique sur le site de Montrouge.

Le défi est important puisque cela conduit à engager chaque équipe de formateurs “filière” dans une réflexion commune sur le plan pédagogique, ce qui n’est pas si fréquent même s’il y a déjà des transversalités pour un certain nombre de modules de formation (séminaires, médiations créatives…).

Par ailleurs, la méconnaissance qui n’a cessé de croître concernant les contenus des enseignements dispensés par l’Université, nécessite de se réapproprier ce qui apparaît incontournable en apports théoriques pour les formations de niveau III afin de vérifier la pertinence des contenus proposés par l’Université au regard des besoins de la formation professionnelle. Cette réappropriation est d’autant plus importante que le changement d’Université dans un contexte de reconstruction du projet pédagogique, crée forcément des inquiétudes.

** Des temps de réflexion pédagogique

Depuis décembre 2010, trois réunions ouvertes à l’ensemble des formateurs ont permis de dégager les axes sur lesquels il fallait qu’on travaille plus particulièrement :
- les apports théoriques, qu’ils soient dispensés par l’Université ou les formateurs
- l’accompagnement des étudiants
- le premier stage qui va accueillir un groupe de six étudiants ASS, EJE et ES

Chaque axe a donné lieu ensuite à un travail en commission avec impérativement la présence dans chaque commission d’au moins un formateur de chaque filière.

En parallèle, des rencontres ont eu lieu pour mettre en commun la réflexion menée sur les deux sites et veiller à une avancée allant dans le même sens, même s’il peut y avoir évidemment des différences dans la mise en œuvre.

Ce travail en commission est en cours. Pour chaque commission, deux réunions de travail sont prévues avant une synthèse d’ensemble. Sur le plan plus opérationnel, deux formatrices et moi-même allons coordonner la recherche des sites qualifiants qui vont s’inscrire dans ce projet en accueillant ces groupes de six étudiants. Il s’agira également de co-construire avec ces sites qualifiants les contenus et les modalités pratiques de l’accueil en stage.  

** Les sites qualifiants, au cœur du dispositif de formation

Cette idée n’est pas nouvelle.
Toutefois, il y a encore quelques années, existait toujours dans les esprits, l’idée que la formation des professionnels se faisait d’abord dans les centres de formation, comme leur nom l’indique !
Les lieux de stage venaient plutôt en support aux enseignements dispensés en centre de formation. En quelque sorte, le terrain permettait de vérifier que ce qu’on apprenait en centre de formation existait sur le terrain, d’où d’ailleurs cette façon souvent ironique de montrer combien il y avait de décalage entre ce qu’on apprenait à l’école et ce qu’on découvrait et faisait sur le terrain. Que ne disait-on pas de ces formateurs qui n’étaient plus sur le terrain, loin des réalités...
Le lien théorie et pratique ? C’était surtout une question qui se travaillait dans les centres de formation mais dont on se débarrassait bien vite une fois diplômé car l’important c’était la pratique !
Et c’est ainsi que se construisait la suspicion vis-à-vis de la théorie et donc de l’élaboration sur sa pratique, de la communication écrite et/ou orale sur ce qu’on fait…

Du coup, les relations entre les centres de formation et les lieux de stage étaient souvent vécues comme une obligation sans véritable rencontre.

Ces représentations ont évolué au fil du temps. Ainsi, sur le site de Montrouge, les réunions régulières depuis de nombreuses années ont progressivement permis que se tissent des liens. Au-delà de temps d’informations, ces réunions sont devenues des lieux d’élaboration d’une véritable réflexion pédagogique sur l’accompagnement des stagiaires. Des groupes de travail ont même eu lieu sur l’accueil, l’évaluation du stage, et depuis la réforme, sur la validation des écrits professionnels.

Le fait de parler de plus en plus de “formateur terrain” n’a pas été vide de sens. Il y a “du formateur” en centre de formation mais aussi sur le lieu de stage ! De la théorie circule, interroge les pratiques, se parle sur ces deux lieux de formation.

La réforme du diplôme d’ES (mais aussi de l’ensemble des diplômes en travail social) est venue renforcée ce mouvement.
S’appeler dorénavant sites qualifiants, être partie prenante de la validation d’une épreuve de certification (DC3-2) du DEES interroge mais dit clairement la place que le législateur a souhaité donner aux institutions qui accueillent des stagiaires.

Par ailleurs toutes les épreuves de certification prennent appui sur ce que l’étudiant découvre, expérimente, réfléchit en stage.

Du coup, la formation se fait d’abord sur le terrain, le centre de formation devient le lieu d’appui, d’accompagnement y compris sur le plan théorique de ce qui se passe sur le terrain. La logique d’acquisition des compétences professionnelles s’est inversée. Le lieu de formation est d’abord le lieu de stage.

** Les référentiels professionnels, fédérateurs des différents métiers ?

Les référentiels professionnels ES, ASS et EJE mettent en évidence qu’un certain nombre de compétences nécessaires pour exercer ces métiers sont semblables.
Les différences portent davantage sur l’importance de la mobilisation (le cœur de métier) de tel ou tel champ de compétences dans l’exercice de tel ou tel métier du social.
Il est toutefois important de souligner que la relation à la personne accompagnée est incontournable, principalement pour les éducateurs pour lesquels la formation à la clinique doit être centrale. Pour qu’ils puissent éduquer et répondre de façon pertinente aux problématiques des enfants et adolescents surtout lorsqu’ils les accompagnent au quotidien, la formation doit donner une place conséquente à l’acquisition des compétences qui permettent d’être “impliqué dans une relation socio-éducative de proximité” et capable d’établir “une relation de confiance avec la personne ou le groupe accompagné”.

Cela n’exclut pas que les compétences mobilisées soient vraisemblablement pas tout à fait les mêmes, selon qu’on intervienne dans un foyer de vie pour adultes handicapés mentaux ou auprès de jeunes en prévention spécialisée, par exemple.
Cela conduit à penser que ce n’est pas tant le métier qui fait la différence en matière de compétences, que le secteur d’intervention.
C’est ainsi que les frontières entre métiers tendent à s’estomper au profit d’une reconfiguration autour des champs d’intervention : des professionnels de la relation dans les lieux de vie des personnes accueillies, des professionnels de l’insertion, de la prévention des risques…
Dans la fonction publique hospitalière ou territoriale, on parle depuis longtemps d’assistant socio-éducatif pour parler indifféremment d’un ES ou d’un ASS. Cela n’exclut pas qu’il puisse y avoir des différences d’approche des publics mais cela reste à démontrer.

Face à la nébuleuse des nombreux métiers du social qui, au fil des années, se sont créés au prétexte de répondre à des besoins et des demandes que ne pouvaient satisfaire les métiers traditionnels du secteur (les fameux métiers canoniques : ASS, ES et EJE), il s’agit certainement d’y voir plus clair.
Les réformes des conventions collectives, quoi qu’on en pense, visent aussi une meilleure visibilité et compréhension de qui fait quoi, avec quel niveau de compétences…

En tous cas, tout incite à “décloisonner” pour mieux dégager et cerner les compétences nécessaires pour travailler dans le champ socio-éducatif.
Il s’agira toutefois d’être vigilant pour que la dimension clinique reste bien présente dans les formations quel que soit le champ d’intervention des futurs professionnels.

** Des étudiants sous pression

Si les raisons pour lesquelles on décide de devenir ASS, ES ou EJE n’ont pas fondamentalement changé (goût pour la relation à l’autre, envie d’exercer un métier qui a du sens…), l’accès à la formation est devenu plus complexe.
A côté de ceux qui ont depuis longtemps fait ce choix professionnel, d’autres y sont arrivés après quelques années “d’errance” universitaire ou de petits boulots. Le secteur social offre encore des débouchés, surtout en Ile-de-France ; on ne prend donc pas le risque de faire une formation qui conduise au chômage. Toutefois, on ne doit pas perdre encore trop de temps pour trouver sa voie professionnelle…

La précarité de bon nombre d’étudiants s’est accrue : coût du logement et des transports pour les étudiants qui viennent de province, difficultés économiques, amènent beaucoup d’étudiants à travailler en parallèle à leur formation.

La gratification des stages a rendu très difficile l’accès aux stages. Du coup, les étudiants sont à peine arrivés en formation qu’ils doivent chercher un stage, avec l’inquiétude très forte de ne pas en trouver.
Que dire des étudiants qui arrivent de province et doivent en même temps trouver un logement, se repérer dans les transports…
Ils cherchent un stage sans un tout petit peu de connaissances des différents champs professionnels, sans qu’ils aient eu le temps de réfléchir à ce qui leur convient le mieux et sans tenir compte de ce qui pourrait être le plus pertinent pour chacun d’entre eux en fonction de leur parcours antérieur.
L’élaboration que permettait la recherche de stage tend à s’effacer. Il s’agit de trouver un stage, coûte que coûte, voire de se projeter très vite dans la recherche des stages suivants sans mettre à profit ce que le temps permet en terme de formation.

** Un nouveau projet pédagogique…

C’est en prenant en compte ces différents constats que s’est progressivement construite l’idée d’un premier stage :
- 8 semaines, pour le sortir de l’obligation de gratification
- collectif et en transversalité : un groupe de six étudiants ASS, ES et EJE
- période comprise entre début novembre et début janvier, après avoir pris le temps de faire connaissance et de commencer à construire un parcours de formation qui ait du sens pour l’étudiant.

L’IRTS Ile-de-France Montrouge Neuilly-sur-Marne a construit les objectifs de stage. Les étudiants n’ont donc pas à chercher ce 1er stage.

C’est un stage de découverte à partir d’un “lieu-pivot”, lieu d’ancrage du groupe d’étudiants. C’est à partir de ce lieu que les étudiants vont explorer les différents axes du travail socio-éducatif, commencer à comprendre les problématiques des “usagers”, s’initier à la relation à l’autre et à la pratique professionnelle dans ses différentes composantes (équipe, partenariat).
- le lieu de stage est sur un territoire, une ville, un département… : exploration du territoire, son évolution, les structures sociales qui existent et leurs missions…
- le lieu de stage est une institution : connaissance de ses missions, du cadre législatif dans laquelle elle s’inscrit, son financement, privé/public/associatif…
- le lieu de stage fonctionne avec des professionnels : qui sont-ils, que font-ils, que mettent-ils en œuvre pour répondre aux problématiques des personnes accueillies, organigramme, organisation du travail d’équipe, modes de communication dans l’équipe…
- le lieu de stage accueille un “public” : connaissance des personnes accueillies, de leurs problématiques et difficultés, initiation à la relation avec eux…

Le partenariat que l’IRTS Ile-de-France Montrouge Neuilly-sur-Marne va construire avec les institutions qui vont accepter de se lancer dans ce nouveau projet ne va pas être que formel (signature d’une convention de stage). A partir des objectifs généraux cités ci-dessus, on va préciser les objectifs de stage en tenant compte de la particularité du lieu d’accueil et élaborer la “commande” que le lieu pourra passer aux étudiants accueillis, commande qui servira de fil conducteur tout au long du stage.

Pendant le stage, des réunions de travail auront lieu avec les sites qualifiants concernés pour échanger sur cette nouvelle forme d’accueil des stagiaires et commencer à analyser et évaluer ce que cet accompagnement produit.

Un formateur référent accompagne ce groupe d’étudiants de leur entrée en formation jusqu’en janvier, c’est-à-dire avant, pendant et un peu après le stage. C’est ce formateur qui animera le groupe d’étudiants lors de ses retours à l’IRTS Ile-de-France Montrouge Neuilly-sur-Marne et qui accompagnera chaque étudiant du groupe, dans la confirmation de son choix professionnel. Il amorcera avec lui la réflexion sur le choix de mention. Ce travail se poursuivra avec le formateur qui prendra le relais pour la suite du parcours, à commencer par l’accompagnement du 2ème stage effectué en fin de 1ère année (mi-avril à fin juin).

Un cahier “récit de formation” sera l’outil central de l’étudiant pour construire son parcours de formation, faire son choix de mention et confirmer son choix professionnel. Il y “tricotera” ce qu’il découvre et apprend pendant le stage et lorsqu’il est au centre de formation, ce qui se passe dans sa rencontre avec les « usagers », les professionnels,…

A ce jour, nous n’avons pas encore fini de construire le dispositif d’accompagnement de ce stage. La réflexion est en cours… et avance !

Rapports d’activités et pédagogiques


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Association fondée en 1900 et déclarée le 26 juillet 1901, elle devient une Fondation reconnue d’utilité publique en 1978. En 1987, la Fondation ITSRS (Institut de travail social et de recherches sociales) est agréée en tant qu’Institut Régional du Travail Soial (IRTS). À partir de novembre 2001, l’ITSRS à Montrouge et l’ISIS à Neuilly-sur-Marne ont été réunis afin de former un seul IRTS sur deux sites regroupant au total près de 1700 étudiants.

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